Si l’on en croit Heidegger, à rebours des préoccupations quotidiennes et des agitations mondaines, c’est à la condition de se soucier de son être qu’il peut vraiment nous arriver quelque chose. Mais les événements arrivent-ils vraiment au soucieux ? N’est-ce pas, au contraire, dans une forme d’insouciance que l’on se rend disponible à ce qui arrive ?
S’il en allait bien ainsi, il resterait à dresser le portrait de cet être insouciant. C’est ce que nous tenterons de faire un vendredi à Madrid, en excellente compagnie.
Et si la dimension fondamentale de l’homme tenait en effet à sa capacité de s’ouvrir, dans l’insouciance donc, à ces relations corporelles (familiales, sociales, politiques) qui lui arrivent et grâce auxquelles il advient à lui-même, continûment, en tant que corps propre ?
Et si la surdité aux interpellations des uns et des autres nous condamnait, au contraire, à des formes impropres de subjectivité corporelle ?
Et si la violence, qui sidère, visait à supprimer la possibilité même de cette alternative entre le propre et l’impropre en cherchant à tuer, parfois pour toujours, l’insouciance ? Au fond, l’insouciance permettrait-elle à l’homme d’accéder à ce qui lui est le plus propre ?
C’est ce dont nous souhaiterions débattre en terre madrilène la semaine prochaine.