Article: “Présence du christianisme dans la pensée jonassienne” (Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses, 2026)

Quel rôle le christianisme a-t-il joué dans la constitution de l’humanité occidentale ? Hans Jonas met l’accent sur la notion de création et sur le volontarisme qui en découle. Or, qu’on interprète ce volontarisme en un sens religieux ou existential, il semble structurellement habité par le péché ou l’inauthenticité. Mesurer sa volonté à l’aune du Bien, c’est la scruter pour s’assurer qu’elle ne cède pas au Mal, mais se scruter c’est s’abandonner à la jouissance du soi et se regarder faire. S’assurer qu’un projet est son projet, c’est soit viser un soi-substance qui en abolit la dimension de projection, soit s’ouvrir à une infinité de possibles qui donne le vertige et dans lequel le soi disparaît en fumée. En nous léguant le volontarisme, le christianisme nous offre un héritage ambivalent. Incontestablement, il identifie un trait essentiel de notre condition ; indéniablement, il ouvre une histoire qui prépare le nihilisme. Pour en sortir, peut-on penser par-delà l’appel à une Transcendance et à la grâce -qui font difficilement sens à l’ère contemporaine- et le repli dans une éthique de la décision, vaine et inauthentique, y compris quand elle recherche l’authenticité ? Cette voie, si elle existe, signifie-t-elle la sortie du christianisme ? Ce sont ces réflexions que j’aborde dans cet essai récemment paru sur « la présence du christianisme dans la pensée jonassienne ».

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