“La phénoménologie jonassienne de la nature et la responsabilité ontologique”, Sorbonne Université, 12 mars 2026

Est-ce en partie parce que l’on a désappris de voir la nature que la dévastation écologique est devenue possible comme si elle devait d’abord devenir invisible comme telle avant de pouvoir être abolie ? Il reviendrait alors à une phénoménologie de la nature de nous redonner des yeux pour assister à sa manifestation. Or on pourrait douter que la phénoménologie historique ait eu cette ambition ; elle pourrait même être complice de notre cécité. La philosophie de Hans Jonas pourrait alors faire figure d’exception. Mais entre son ontologie de la vie et sa spéculation sur la nature, y a-t-il justement une place pour une phénoménologie de la nature ? À vrai dire, il ne suffirait pas de faire paraître la nature devant notre regard pour la préserver. Il faudrait, pour cela, lui reconnaître une valeur intrinsèque. Or c’est également ce questionnement que la philosophie de Hans Jonas nous permet d’assumer. Rendre la nature manifeste, n’est-ce pas répondre à la première de ses requêtes ?